Facteurs associés à l’infection néonatale à l’Hôpital Général de Référence de Miti- Murhesa dans la province du Sud-Kivu à l’Est de la République Démocratique du Congo

Ngongo M., Bweswa W., Teganyi B., Habiragi B., Byaunda L., Mbusa K.

Résumé

Introduction: L'infection néonatale (INN) représente 35% des décès néonatals mondiaux, touchant 2 à 3% des naissances vivantes avec une mortalité de 10 à 30%. Elle est exacerbée par le retard diagnostique et les conditions socio-économiques défavorables. Objectif: Identifier les facteurs associés à l’INN à l’Hôpital Général de Référence de Miti-Murhesa (HGRM), province du Sud-Kivu à l’Est de la République Démocratique du Congo. Matériels et méthodes: Une étude descriptive rétrospective à visée analytique a été menée en exploitant les dossiers médicaux des nouveau-nés (NN) hospitalisés à l’HGRM entre le 1er janvier et 31 décembre 2023. Au total 2764 dossiers des nouveau-nés âgés de 0 à 28 jours, hospitalisés durant la période d’étude, avec un dossier médical complet et un diagnostic clinique ou biologique d’infection néonatale était extrait les données sociodémographiques, obstétricales, liées à l’accouchement, cliniques et biologiques du nouveau-né. Les données collectées manuellement ont été saisies et traitées à l’aide de Microsoft Excel 2016 et l’analyse réalisée avec les logiciels SPSS 20 et Epi Info 3.5.1. Les statistiques descriptives : moyenne ± écart-type, fréquences absolues et relatives (%) ont été appliquées pour les variables quantitatives et qualitatives respectivement, et Odds Ratios (OR) ajustés à IC95% été utilisé afin d’identifier les facteurs indépendamment associés à l’infection néonatale et p<0,05 a été retenu. Résultats: La prévalence de l’INN était de 2,31% (soit 64 NN infectés sur 2764 naissances vivantes). La majorité des nouveau-nés était âgé de 0 à 3 jours (82,8%), de sexe féminin (64,1%), nés à terme (71,9%) avec un poids moyen de 3066 g. Les antécédents maternels fréquents comprenaient infections urogénitales, rupture prématurée des membranes et liquide amniotique méconial (p<0,05). Les signes cliniques incluaient CRP positive, polypnée, tachycardie et hyperleucocytose. L’hémoculture était positive dans 76,6%, dominée par Escherichia coli. L’évolution fut favorable dans 82,8%, mais 9,4% sont décédés.L’antécédent d’infection urogénitale maternelle, la rupture prématurée de membrane et l’état méconial du liquide amniotique étaient les facteurs associés à l’INN. Conclusion: L’INN à l’HGR de Miti-Murhesa, bien que moins fréquente, entraîne une morbi-mortalité notable. Cette étude met en lumière la nécessité de renforcer les capacités du personnel de santé local à travers des formations continues, et d’améliorer les ressources disponibles pour la prise en charge néonatale. Des recherches complémentaires, incluant des approches prospectives et des analyses microbiologiques, seraient utiles pour approfondir ces résultats et orienter des stratégies de prévention plus ciblées.
Mots-clés : infection néonatale, prise en charge, facteurs de risque, nouveau-né, zone de santé rurale.